Profitons du passage de Mercure sur le nœud lunaire nord (le point de croisement entre l'orbite lunaire et l'orbite solaire vus depuis la Terre, point où se produisent les éclipses) pour parler du symbolisme utilisé dans le domaine aérospatial, en prenant ici l'exemple du premier programme officiel américain chargé d'envoyer un homme dans l'espace, le Projet Mercury.

Nous avons déjà eu l'occasion d'aborder le symbolisme mytho-religieux employé dans le cadre de la conquête spatiale, notamment via l'épopée de Thomas Pesquet, les pionniers de cette course à l'espace ayant été, comme nombre des contemporains du XXe et fin XIXe siècle, de fervents occultistes. 

Le terme "cosmonaute" est lui-même dérivé du cosmisme russe, une croyance philosophique et religieuse qui associe la conquête de l'espace à la quête d'immortalité, l'expansion humaine dans les sphères célestes étant censée permettre la transfiguration de l'Homme et l'apocatastase.

Elon Musk, encore aujourd'hui, érige en modèle Constantin Tsiolkovski, le père et théoricien de la cosmonautique moderne qui, lui aussi, était adepte du cosmisme. Tsiolkovski, inspiré par les écrits de Jules Verne, inspira à son tour certains pionniers de la NASA et de la conquête spatiale à destination du grand public comme Walt Disney et Werner Won Braun, également adorateurs des écrits de Jules Verne.

La croyance américaine dans l'expansion humaine cosmique a toutefois l'originalité de se mélanger avec d'autres traditions comme la kabbale et l'ésotérisme paramaçonnique, tous deux liés à une même croyance dans une restauration nécessaire du monde par certaines actions humaines salvatrices.

L'arbre de la kabbale séphirotique contient par exemple sept séphiroths inférieures et trois supérieures, chacune affiliée à un état divin et une planète, or comme nous le verrons, celles-ci ont largement inspiré ce projet Mercury.

Ce sont donc sept astronautes, connus plus tard sous le nom des "Mercury Seven", qui ont participé à ce projet. Le fait qu'ils posent dans une tenue d'astronaute teintée de la couleur du vif-argent, associé au mercure alchimique, offre une bonne entrée en matière.


Ce sont les lanceurs Mercury-Redstone (pierre philosophale) et Atlas qui ont propulsé ces hommes dans l'espace, sachant que parmi les 7 filles d'Atlas se trouve traditionnellement Maïa, la mère de Mercure.

Le lanceur Mercury-Redstone a été construit par Chrysler, dont le logo est formé par les ailes d'Hermès/Mercure



C'est l'écusson de la mission STS-88, nombre associé à Mercure (Currie), qui nous confirmait le lien entre la forme des satellites et les ailes de Mercure. 



Le patch du premier vol de la navette spatiale américaine ci-dessus résume toute la symbolique spatiale, qui vise à s'extraire du domaine temporel profane, ici l'orbiteur Columbia (la colombe/le mercure) est pourvu des colonnes Yin et Yang et du pilier central, à l'image de l'arbre kabbalistique.

Badge des astronautes de la NASA


Les patchs du projet Mercury sont justement calqués sur cet arbre, voyez plutôt:


D'abord avec le patch du premier vol habité, Mercury-3, qui dessine un anneau autour de la Terre comme pour Saturne (Séphira 3, Binah/Saturne).



Puis le patch de Mercury-4, qui correspond à la séphira Yesod/Jupiter, avec la particularité de présenter une sorte de crevasse qui rappelle la foudre de Jupiter/Zeus. Ce patch est intéressant car il amène un autre symbole féminin qui est à connaître, celui de la cloche, ornée ici d'un 101 comme toute "porte mercurielle" qui délimite le monde formel du monde informel. L'éclair, principe masculin, féconde.


Le patch de Mercury-6 ensuite (Mercury-5 n'ayant pas eu de patch car non habité par un humain, mais par un singe). La 6e Séphira est celle du cœur et du Soleil, qu'on ne peut comprendre ici sans tenir compte du fait que cette Séphira et le chiffre 6 symbolisent l'union, le cœur, d'où l'idée de friendship/amitié.


Puis le patch de Mercury-7, associé dans l'arbre kabbalistique à Vénus, l'étoile du matin qui reflète la lumière du Soleil, comme le fait la cloche ici. "Moi, Jésus, je suis l'étoile brillante du matin" (Ap22:16), le christ est en effet associé à cet astre, sans oublier que son père légal, Joseph, était Charpentier (le christ aussi selon certains) .


Mercury-8 ramène ensuite à Mercure, l'astre de la 8e séphira, qui sort du cercle formé par le 8 et qui porte les couleurs, la vitesse et la légèreté d'Hermès/Mercure.


Le patch de Mercury-9, enfin, associé dans la kabbale à la Lune, donne à la cloche un aspect et une couleur lunaire, terminant le parcours de ce programme avec le dernier retour à la Terre/Makuth de son équipage, la 10e séphira.

Bien entendu il y aurait bien plus à dire, mais c'est déjà suffisant pour appréhender l'idée. La conquête spatiale, qu'elle soit réelle ou non (dans le sens d'avoir la possibilité ou non d'aller au-delà d'une certaine limite) va jusqu'à former une véritable machine mythologique des temps modernes.

Rappelons aussi que la mythologie religieuse d'une civilisation se reflète dans l'emplacement des points équinoxiaux et solsticiaux de son époque, et que le solstice d'Hiver se trouve actuellement au niveau de la flèche du Sagittaire, pendant encore au moins 100 bonnes années (l'étoile au bout de la flèche s'appelle Nash, un nom qui aurait pu inspirer celui de la Nasa). 


Cette flèche, qu'elle soit mise sous forme de fusée ou de seringue, délivre la semence mercurielle du nouveau monde dans le principe fécondé (vaccin vient ainsi du mot vacca, vache, en rapport au Taureau, signe vers lequel se dirige le Solstice d'été actuellement et qui représente en astrologie la déesse lunaire porteuse des eaux mercurielles).



Nous ne pouvons que vous encourager à regarder la vidéo de la chaîne Debout Barbélu à propos d'Elon Musk (voir ici) qui aborde d'autres aspects intéressants liant l'ésotérisme et la conquête spatiale, bien que l'astrologie utilisée dans la vidéo soit tropicale, ce qui supprime certains liens qui auraient pu être intéressants comme la Mars en exaltation Capricorne d'Elon Musk ou son aspect mercurien par son Soleil+Mercure en Gémeaux (d'où son rachat de Twitter afin de l'associer à l'oiseau bleu qui est Mercure), et Lune en Lion en accord avec son prénom Elon/Leon. Mais c'est une autre histoire.

Merci pour votre lecture,

Metaphi