Guerre en Ukraine, crise, pandémie, chaos social, rejet des pouvoirs, voilà une période bien particulière que nous traversons. Dans cet article, nous verrons que tout ceci participe d'un rituel planétaire visant à répéter l'acte de création du cosmos, en vue de reproduire le passage du chaos à l'ordre, de l'hiver au printemps, des ténèbres à la lumière. 

La fin d'un monde au sens propre du terme signifie qu'il perd sa forme temporaire et retourne vers le chaos, vers l'informe. Il s'agit d'un changement d'état et de disposition au profit d'un autre, parfois brutale, parfois non, mais qui doit être compris comme se produisant à chaque instant et continuellement. Nombre de civilisations ont ainsi vu leur ordre se dissoudre au profit d'un autre, ou bien devenir désordre à tel point que de vastes réformes structurelles étaient devenues nécessaires. 

Le passage de l'ordre au désordre et vis versa est comme le passage du jour à la nuit et de la nuit au jour, ce sont les deux polarités masculine et féminine qui coexistent dans la substance cosmique en mouvement. L'aurore marque quant à elle la belle déesse donnant naissance au jour, tandis que pour le crépuscule, c'est la terrible sorcière qui supprime l'existence et fait entrer dans les ténèbres (cf. les deux aspects de Vénus, Lucifer et Vesper).


Autre symbole du chaos primordial, l'indistinction du Yin et du Yang

La nuit représente à cet égard la possibilité substantielle qui possède en son sein toute forme à l'état latent, tandis que le jour vient permettre leur dévoilement et développement. L'Esprit, représenté par le Soleil, dispose d'une nature rayonnante et fécondante, qui en conjonction avec la substance produit la forme révélée et l'existence. Ce sont eux, le roi et la reine du monde, et s'il est dit qu'un roi ne peut avoir de royaume sans sa reine, c'est parce qu'elle est elle-même le royaume, et que sans royaume, il n'y a point de roi.

Sortie du Chaos (de la coupe universelle ou puit sans fond) du Yin et du Yang, du Roi et de la Reine

Sur l'image ci-dessus, nous remarquons la sortie du chaos de ces deux grands principes universels en tant que Soleil et Lune, Roi et Reine, Yang et Yin, essence et substance, c'est une représentation de la manifestation au monde. Ils sont l'ordre qui jaillit du chaos en tant que forme ordonnée.

Nous l'avons vu maintes fois sur le blog, la destruction des tours jumelles Lune et Soleil remplacées par la tour unique One World avec son architecture en forme de triangles imbriqués marquait le retour à l'indistinction primordiale, qui poussait notamment de nombreux dirigeants à lancer leur appel pour un "nouvel ordre mondial", attendu comme le messie. Les deux grandes conflagrations mondiales étaient aussi ces mêmes deux colonnes du temple de l'humanité qui, aussitôt détruites détruites, donnaient les "nations unies" et autres mouvements d'unification substantielle. Plus récemment, les Daft Punk nous montraient aussi habillement, avec leur casque Soleil et Lune, la réintégration de leur polarité terrestre et céleste.

Les nations européennes, appelées à se fondre dans la déesse-vache Europe, suivent ainsi le même processus d'unification dans la substance universelle qui, tôt ou tard, sera à nouveau "scindée" en de nouvelles formes (cf. le culte de Mithra et le découpage du Taureau).

Déesse Europe

De là aussi l'irrépressible destruction du sexe masculin et féminin au profit d'un sexe "non genré", qui est à l'image du chaos primordial à la fois male et femelle et ni l'un ni l'autre. On sait au cours de l'histoire qu'il s'agit d'un culte destiné à la déesse, mère du Yin et du Yang qui contient en elle ces deux principes, comme les prêtres Galle de la déesse Cybèle de jadis, qui étaient eunuques (castrés), ou les prêtres Gala de la déesse sumérienne Innana (Vénus) qui étaient "sans identité de genre", ou encore les androgynes tirés du culte hermaphrodique qui mélange Hermès/Mercure et Aphrodite/Vénus, et comme nombre d'autres cultures anciennes. Détruire l'ordre des formes et des lois du Père créées pour permettre, dans le ventre de la déesse, de préparer la grande "refondation". 

Retour au chaos, révolution (retour à un point d'origine) avant de construire un nouveau monde

Du chaos primordial "non genré" est tiré, grâce à l'éclairement de la divinité, le monde "genré" mâle et femelle (mise en ordre des deux polarités de la substance), c'est pourquoi Osiris fût découpé en morceaux et que seul son organe reproducteur ne fut pas retrouvé, afin que de l'indifférencié et de son union à la déesse soit tiré Horus, le fils, l'avatar du nouvel ordre renaissant. De même le monde était-il constitué grâce au cadavre de Tiamat dans le mythe mésopotamien, la maîtresse des forces du chaos, ou d'Ymir dans le mythe nordique, en lien avec le "grand éclatement" dont nous avons parlé dans l'un de nos derniers articles (à lire ici), qui vise à renvoyer le monde à l'état primordial (éclatement des formes épuisées,  retour à l'unité) pour le refonder ensuite (éclatement de l'unité pour recréer un ordre et un monde). 

Quoi qu'il en soit, retenons l'idée générale qu'un retour au chaos et à l'indifférencié coïncide avec notre époque moderne, qui ne cesse d'alterner entre destruction et unification (là où en phase diurne et montante il y aurait plutôt alternance entre construction et désunification, chaque chose devant être située à la place qui lui est propre pour pouvoir développer sa forme et son identité particulière), et que l'opposition de la dualité occident/orient, masculin/féminin, bien/mal, vise en réalité, dans les temps actuels, à retrouver l'unité principielle "nocturne" de la substance originelle, après quoi pourra renaître, le moment venu et après une longue phase de "traversée" des possibilités inférieures, la nouvelle humanité tant espérée. Nous n'y sommes pas encore.

Terminons sur cette courte citation de Macron, pour le moins adaptée au propos (navré pour la qualité du son, je n'ai pas trouvé mieux):


Metaphi


Réédité en Juin 2026.